A propos de la stérilisation

Trio 6 semaines

Ragdoll de Bretagne

Cette page se base entre autres sur une conférence NeoCare (Néonatologie des Carnivores, Reproduction et Elevage) disponible sur Youtube, aux liens suivants :

Conférence 1

Conférence 2

 

 

Stérilisation et richesse de la race

Sur le plan génétique, la stérilisation systématique nuit à la richesse du génome et peut mener à un goulot d'étranglement génétique pour une race donnée : au fil de générations, ne sont alors obtenus que des individus quasi-identiques, appauvrissant la richesse même de la race. Une page de ce site sera par ailleurs bientôt consacrée aux dangers de la recherche à tout prix de l'"hypertype"... En outre, la consanguinité impliquée par cette sélection à l'extrême mène à une forte diminution des naissances par mère.

 

Stérilisation précoce et bien-être animal (santé, comportement)

Revenons tout d'abord à l'histoire : les campagnes de stérilisation précoces sont nées dans les pays anglo-saxons, initialement pour limiter la surpopulation dans les refuges et, par conséquent, les euthanasies. Cependant, les études menées sur ce sujet ne mettent pas en lumière l'efficacité de ces mesures. L'objectif de cette page n'est pas de développer ce sujet, mais des explications sont apportées dans la conférence 2 en lien.

Quant à la pratique en élevage, à la lumière des connaissances actuelles, aucune raison de santé ne semble en faveur la gonadectomie (stérilisation) précoce. Chez le chat, les études actuelles manquent de rigueur (échantillons d'individus trop faibles, durée du suivi insuffisante, études basées sur des critères différents, ne permettant aucune confrontation entre elles) ; cependant des travaux menés sur d'autres espèces (chien, rat) laissent supposer, par extension, que la stérilisation précoce pourrait induire des soucis de santé et de comportement, survenant plus tôt dans la vie de l'animal. En effet, les gonades n'ont pas uniquement un rôle dans la reproduction, elles ont également des fonctions régulatrices.

- Les problèmes de santé concernent notamment:

  • l'apparition de tumeurs (celles liées aux gonades sont écartées, mais de nombreuses autres ont une plus grande occurrence, en l'absence de rétrocontrôle par les hormones),

  • l'apparition prématurée d'arthrose, car les gonades ont une fonction dans la fermeture et l'épaississement des cartilages,

  • L'apparition prématurée de dysfonctionnements de l'appareil urinaire,

  • L'apparition prématurée d'embonpoint,

  • L'apparition de désordres immunitaires.

- Les problèmes de comportement n'ont pas été étudiés directement chez le chat, si ce n'est à la suite de restrictions alimentaires liées au surpoids post stérilisation, cependant la gonadectomie précoce chez la chienne par exemple provoque un risque accru d'anxiété et d'agressivité, ainsi qu'une diminution des capacités cognitives. De même chez le rat, il a pu être observé des jeux moins riches et moins fréquents chez les jeunes individus, et un ralentissement de la transmission synaptique chez les adultes ; en résumé, une moindre vigueur d'esprit.

Il convient donc de prendre un peu de recul face à ce "courant" de stérilisation précoce, et se remémorer par exemple que d'une manière similaire, aux Etats-Unis, il est de coutume d'amputer la première phalange afin de dégriffer les chats.

A contrario de ce qui se pratique dans les pays anglo-saxons, mais également en Belgique où la gonadectomie est obligatoire avant 6 voire 5 mois, certains pays interdisent déjà pour les chiens la stérilisation précoce : c'est le cas en Norvège, en Suède et au Danemark. En effet, cet acte est, en pratique, une intervention pédiatrique qui, si on ne respecte pas un protocole bien particulier (intubation, ventilation,…) présente davantage de risque que l'intervention dite "de convenance", c’est-à-dire lorsque la stérilisation est pratiquée à partir de 6-8 mois. Il peut être en outre considéré comme une mutilation.

En conclusion, quelque soit l'âge du chat, la stérilisation doit rester raisonnée et non systématique. Il est impératif de prendre en compte tous les aspects de cette intervention, qui aura des conséquences tant sur la santé que sur le comportement du chat. Elle reste cependant le meilleur compromis pour la sérénité, la sécurité du chat et le confort du foyer (voir page sur les conditions d'adoption), mais il est souhaitable, sauf cas de nécessité majeure, de la pratiquer le plus tard possible en fonction de la croissance de chaque individu.

Demandez conseil à votre vétérinaire !